Proposition d’écriture 26 : logorallye

J’ai proposé aux participants de la rencontre de lundi de me proposer des mots à partir desquels écrire un texte. Les verbes peuvent être conjugués et les adjectifs accordés. L’ensemble des mots doivent être utilisés dans l’ordre de votre choix.

Voici les mots :
– violet
– table
– liberté
– café
– attente
– trouille
– vampire
– circulation
– alterner

Texte de Philippe

Bonjour les enfants. Je suis Monsieur Dupont, le remplaçant de mademoiselle Sandie qui est absente pour trois jours. Elle est en stage. Un stage de mots dits

Chouette, hurlent en chœur les enfants

Mais, elle m’a laissé quelques consignes pour vous faire travailler, reprend monsieur Dupont.

Oh là, je m’attends au pire ! fait Isabelle.

J’ai peur, gémit Hervé.

J’aime pas les consignes, marmonne Henri.

Aujourd’hui, leçon de vocabulaire, continue monsieur Dupont. Vous allez recopier les mots que je vais vous dicter et les apprendre par cœur. Ils vous serviront pour le travail sur table de jeudi : Le challenge 10

Oh non, pas encore le challenge, fait Isabelle.

C’est toute les semaines, gémit Hervé.

Fait chier la Sandie, marmonne Henri.

Un peu de silence voici les mots :

– violet
– table
– liberté
– café
– attente
– trouille
– vampire
– circulation
– alterner

C’est compliqué fait Isabelle

Y a trop de mots, gémit Henri.

Je vais appeler « enfance maltraité », marmonne Henri.

Préparez-vous bien au devoir sur table. Vous savez que vous devez utiliser tous ces mots dans le challenge 10

On sait, fait Isabelle

Y’en a vraiment trop, re-gémit Henri.

Ces mots elle a qu’à se les …, marmonne tellement bas Henri que l’on ne comprend même pas la fin de la phrase.

Mais heureusement, la 3° guerre mondiale éclata, ce qui sauva les enfants de cet affreux challenge 10.

Texte de Tielle

1834 dans une plantation de café à Salvador de Bahia au Brésil.

Elle était esclave dans cette plantation depuis sa plus tendre enfance comme sa mère et son père. Sa mère lui avait appris l’art de la couture si bien qu’elle alternait entre les champs de café et la tâche de couturière. Cela lui donnait accès à une petite pièce où elle seule entrait comme atelier de couture. Elle en avait profité pour découper le rideau violet de la pièce pour s’en faire une cape pour la réception costumée de ce soir.

Le soir venu, la réception battait son plein chez les maîtres, elle s’était grimée le visage en blanc pour être sous le masque d’un vampire et mit des gants blancs pour ne pas qu’on la reconnaisse, ni que l’on voit sa peau noire. C’était son plan pour s’extirper à jamais de cette plantation et s’évader par la grande porte.

En 1830, quatre ans auparavant, l’empereur avait bien annoncé sa volonté d’abolir l’esclavage afin de s’attirer les bonnes grâces de l’Angleterre mais rien ne venait et elle n’en pouvait plus de cette attente.

Une fois dans la salle principale, elle se mélangea aux autres invités déguisés et elle resta un peu de temps pour ne pas éveiller les soupçons mais ne pouvant converser avec qui que ce soit, elle s’approcha de la table où était posé les boissons et attrapa un verre. Malheureusement en étirant son bras pour l’attraper la manche de la cape remonta et l’on vit le début de son bras noir. Un homme avait le regard fixé dessus, elle eue alors la trouille et la circulation de son sang s’accéléra, elle avait les tempes qui bourdonnaient lorsqu’elle se rendit compte qu’en fait il regardait juste derrière elle la belle bague d’une invitée. Elle sortit de la pièce emprunta les escaliers puis sortit de la maison, traversa le jardin et arriva au portail d’entrée, elle le dépassa : enfin la liberté !

Elle réussit à s’enfuir et vécu à Salvador de Bahia chez des partisans de l’abolitionnisme.

Un an plus tard le 25 janvier 1835, elle participa à la révolte des esclaves de Salvador de Bahia. C’est seulement  en 1888, cinquante- trois ans après la révolte que l’abolition de l’esclavage fut établit et quatre-vingt- quatorze ans après celle des colonies françaises.

Mon texte

Dans le café la circulation était difficile. Les tables trop serrés laissaient peu de place aux allées et venues des clients qui alternaient leurs passages entre ceux qui entraient et ceux qui sortaient. Devant le comptoir, un attroupement en guise de file d’attente. J’avançais péniblement, espérant obtenir mon casse-croûte assez rapidement pour bénéficier de quelques instants de liberté avant de retourner travailler en esclave de la technologie, coincée toute la journée entre mon ordinateur et mon téléphone.

Le client devant moi se retourna pour me laisser sa place. Son sourire me ficha la trouille, il avait les dents aiguisées comme un vampire, le teint pâle et les lèvres d’un sombre violet. Après un instant d’hésitation, j’arrivais au comptoir et commandais un croque. Je regardai l’heure. Ouf, il n’était pas trop tard.