Conseils d’écriture d’Olga Tokarczuk, Eric-Emmanuel Schmitt et Michaël Cunningham

Conseils d’écriture d’Olga Tokarczuk et d’Eric-Emmanuel Schmitt tirés du débat « Une fiction vraie ou une vraie fiction ? » – Salon du Livre 2015

Pour devenir écrivain il faut étudier toute autre matière que les lettres. Pour Eric-Emmanuel, il fallait un métier en attendant de réaliser son rêve d’écrivain, il a choisi une discipline : la philosophie. Il pensait rester un écrivain du dimanche, il a été surpris par son propre succès. Il garde toujours un rapport philosophique avec le lecteur. Enseigner la philosophie, c’est enseigner à être libre. Dans son livre « L’évangile selon Pilate » il veut enquêter sur un mystère, mais pas le résoudre, il veut le rendre encore plus mystique. C’est le trajet intérieur de celui qui est d’abord un homme, et qui devient un messie. C’est le trajet de chacun de prendre conscience de qui il est.

Les mythes forment la conscience collective, racontée sous forme d’une narration littéraire. Il n’existe pas de société sans mythe. Un mythe est une histoire qui donne à penser. Les personnages mythologiques ou les personnages historiques à valeur mythologique sont une source d’inspiration importante pour les auteurs. On peut créer de nouveaux mythes ou adapter des mythes anciens à une époque moderne, l’important est de faire réfléchir. Les mythes sont un réservoir infini, une boite à outils extraordinaire pour les écrivains.

La littérature est un moyen subtil de communication entre les êtres humains. Un roman bien écrit permet au lecteur de devenir quelqu’un d’autre, de vivre dans un milieu différent du sien, d’avoir une autre vision du monde qui l’entoure. Ecrire permet de lutter contre la bêtise et l’intolérance. Pour prêcher pour des non-convaincus un roman est plus efficace qu’un traité : l’émotion suscitée, l’empathie envers les personnages peut éloigner les préjugés. Le but est de créer du respect pour la spiritualité de l’autre. Malheureusement un livre ne peut changer les individus qu’un par un, il ne peut pas agir sur la masse. Ce n’est pas parce qu’on ne peut pas changer le monde qu’il faut arrêter d’essayer.

FictionVraie

Conseils d’écriture de Michaël Cunningham tirés de l’interview « La Reine des neiges, triste fable new-yorkaise » – Salon du Livre 2015

En tant que romancier on doit parler de ce qu’on aime, de ce qui est important pour nous, pas forcément de ce que l’on connait le mieux.

Si un livre est fait uniquement de tragédie, ou uniquement de comédie, il ne nous offre qu’un seul aspect du monde. Il est plus intéressant de mettre différents sentiments dans un roman.

En général lorsqu’il écrit, le 1er jet part dans tous les sens. Ensuite seulement il lui donne une structure. Mais la structure ne doit pas être trop parfaite, il faut laisser la place à un peu d’inattendu.