Un écrivain, un vrai – Pia Peterson

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De Pia Peterson (Actes Sud, 2013)

Résumé de Un écrivain, un vrai

Après avoir reçu un prix de littérature tant attendu, Gary devient la vedette de l’émission de téléréalité « Un écrivain, un vrai ». Les caméras s’installent chez lui, les internautes ‘aiment’ et ‘partagent’ ce qu’il écrit,  le monde entier l’observe dans ses moindres gestes. Quelques mois plus tard il a disparu de la lumière des projecteurs, certains pensent même qu’il a vraiment disparu. Sa femme Ruth est son seul contact avec le monde extérieur, et elle n’a qu’une seule idée en tête : lui faire finir l’émission et le roman participatif qui l’accompagne.

Conseils d’écriture donnés par Pia Peterson par l’intermédiaire de ses personnages

  • Le temps d’écriture est privé, dans un lieu solitaire où l’on aime se retrouver. Le temps de relecture lui est public, il faut se mettre dans la situation de notre futur lecteur qui risque de lire notre livre dans un endroit bruyant, en étant distrait par les bruits de la vie
  • Il faut couper pour améliorer, souvent supprimer les premières phrases
  • Toujours continuer d’écrire
  • Savoir pourquoi on écrit
  • Rectifier, s’assurer que ça coule, qu’il n’y ait pas d’incohérence
  • S’inspirer de la vie, de la réalité, pour construire ses histoires. Ne pas hésiter à faire du travail de terrain, à rencontrer des gens du métier dont on parle, à visiter les lieux dans lesquels se passe l’action, …

Un extrait

L’émission prenait en compte la promo de son livre et chaque fois qu’il était invité pour une lecture ou une dédicace, la caméra le suivait. L’assistante le prit à part pour préparer la journée avec lui. Elle organisait son planning avec Ruth et demandait tous les jours à Gary s’il devait enquêter sur le terrain. Il se déplaçait souvent, rencontrait des journalistes, des chercheurs, des policiers, des hommes politiques, des témoins d’un fait de société ou d’une époque, comme le boxeur dont il s’était inspiré pour le rôle de la victime dans l’un de ses romans ou un chef de gang de Los Angeles qui lui avait raconté des anecdotes dont il s’était servi dans un autre. Il ne reculait devant rien pour donner plus d’épaisseur à ses personnages. Il visitait des villes et cherchait parfois des mois avant de trouver l’endroit parfait pour situer son roman. Il aimait donner un cadre réel à ses histoires, laisser évoluer ses personnages dans de vraies maisons et de vraies rues. Il était arrivé que des lecteurs particulièrement marqués par l’un de ses romans fassent un pèlerinage sur un lieu de l’histoire. L’assistante attendait sa réponse en regardant sa montre, elle avait un boulot fou et n’appréciait pas de perdre son temps. Il répondit non, pas aujourd’hui. Il n’avait pas envie de sortir avec la caméra derrière lui, ça le dérangeait parce qu’il n’arrivait plus à penser et si on lui avait demandé ce qui n’allait pas, il aurait dit qu’il manquait de solitude.

Mon avis sur Un écrivain, un vrai

Un sujet intéressant. Le prétexte de la téléréalité pour essayer de répondre à une question que tous les écrivains se posent un jour : pourquoi écrit-on ? Écrit-on pour faire plaisir à son public, pour lui donner ce qu’il a envie de lire ? Écrit-on pour soi-même, pour libérer ces choses qui sont en nous et que l’on a besoin de coucher sur le papier pour s’en défaire ? Écrit-on pour changer le monde, pour faire passer un message ? Écrit-on pour la gloire et la richesse, pour se faire un nom ? Peut-être écrit-on pour toutes ces raisons à la fois …

Un style déroutant. Lorsqu’on laisse courir le fil de nos pensées, on passe souvent du coq à l’âne, avec des retours réguliers à l’idée principale. La pensée ne file pas de façon linéaire, c’est un brouhaha constant dans lequel des éléments ressortent pour concourir au final à une idée cohérente. Dans ce roman c’est pareil : j’ai l’impression d’être dans le cerveau du narrateur qui truffe son histoire d’anecdotes sans intérêt, qui passe sans arrêt du présent au passé, qui mélange faits, pensées et paroles, et qui ne prend jamais le temps de s’arrêter. Le résultat est assez décevant. Il faut s’accrocher pour garder le fil de l’histoire, pour savoir qui pense ou qui parle, ou ce qui est dit et ce qui ne l’est pas. Les paragraphes sont longs et empreints d’une monotonie constante. Bref, je n’adhère pas.

Ma note 2/5

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Et vous, pourquoi écrivez-vous ?

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