Proposition d’écriture 28 : Ecrivez la suite

Elle regarde à droite, à gauche. En face le feu …

A vous d’écrire la suite de la phrase ci-dessus.

Mon texte

Elle regarde à droite, à gauche. En face le feu piéton est rouge, mais la file de voitures n’avance pas, bloquée. Elle traverse la route, tranquillement, les mains dans les poches. Elle n’est pas pressée mais sa démarche est naturellement rapide. Les bandes blanches filent sous la légèreté de son pas. Arrivée à mi-parcours les voitures redémarrent. Elle sort les mains de ses poches et accélère pour ne pas gêner la circulation trop longtemps. Elle n’aime pas déranger, elle aurait dû attendre que le feu piéton passe au vert. Elle voudrait disparaître et laisser la fluidité du trafic reprendre son cours.

Regard fixé droit devant, champ de vision rétréci, objectif ciblé, les voitures et le reste du décor disparaissent. Coup de klaxon. Sa culpabilité se fait plus intense. Il lui reste seulement trois pas pour atteindre le trottoir, mais celui-ci semble tellement éloigné. Elle se met à courir. Trottoir atteint, second coup de klaxon. Mais pourquoi s’acharne-t-il ? J’ai fini de traverser, maintenant il peut avancer ! Elle tourne la tête et prépare un beau sourire d’excuses. Un troisième coup de klaxon vient la percuter dans son mouvement et transformer sa culpabilité en colère, si bien qu’à la fin de son demi-tour, de sourire il n’y a point et c’est un regard de furie et la douce mélodie des insultes qui l’accompagne qu’elle lance au conducteur. Attiré par le bruit il tourne les yeux vers elle, l’air surpris, comme si il découvrait sa présence. Elle stoppe brusquement sa mélopée de mots doux, interloquée à son tour. Ses émotions fortes retombent, sa vision retrouve enfin son champ habituel et elle remarque que la voiture précédente n’a avancé que d’un mètre, à peine … Les coups de klaxon ne lui étaient nullement destinés, l’agacement du conducteur non plus. Tous étaient dirigés contre l’entité abstraite et mouvante que constitue la file de voitures semi-immobilisée. Quelle idiote elle est de s’être ainsi laissée emporter par le flot de colère ambiant sans réfléchir à sa cause. Pourquoi s’est-elle énervée contre ce pauvre conducteur qui ne lui avait rien fait ? En un pincement de lèvres et un regard bas elle lui fait comprendre sa méprise. Retour de la culpabilité. A nouveau elle voudrait disparaître. La file de voitures avance enfin pour de bon. Elle observe le conducteur s’évanouir à l’horizon. Elle prend une grande inspiration et tourne les talons.

Et vous, ces mots vous ont-ils inspirés ?