La fabrique du personnage

Débat avec Romain Puertolas, Gilles Leroy, Carole Martinez et Catel Muller lors du Salon du livre de Paris 2015

La Fabrique du Personnage

Romain Puertolas

Il a d’abord l’idée du titre, le personnage en découle. Il fait pas de fiche de personnage, ils n’existent que par leurs actions. Il ne connait pas ses personnages, il les découvre au fur et à mesure qu’il les écrit. Il met peu d’infos dans les portraits et descriptions pour laisser un maximum de place à l’imagination du lecteur.

Les personnages secondaires sont inspirés de personnes existantes de son entourage ou de personnages publiques. Parfois il prend juste un nom ou une caractéristique d’une personne qu’il connait mais le reste est inventé.

Gilles Leroy

Le réel est tellement riche, qu’il n’éprouve pas de nécessité à aller chercher ailleurs.

Son personnage vient de l’Alabama, mais il l’a écrit sans avoir jamais mis les pieds là-bas. Il y est allé juste vers la fin de l’écriture pour s’assurer de la cohérence de son récit.

Il part généralement d’une biographie d’une dizaine de pages sur son personnage. Il respecte au maximum la colonne vertébrale de sa vie, il garde les évènements mais invente la façon dont ils se sont produits.

La difficulté de l’autobiographie est aussi de faire attention aux autres tout en racontant une histoire.

Carole Martinez

Elle est partie d’un personnage réel (une ancêtre), mais l’a trahi : elle a transformé une femme victime en héroïne, et a eu quelques problèmes d’acceptation de sa famille.

Elle place son action dans un lieu mais ne veut pas aller voir ce lieu en vrai pour que ça ne bloque pas son écriture.

Il est plus facile de dire des choses sur soi quand on ne parle pas directement de soi-même. C’est très dur d’écrire sur soi.

Catel Muller

Son personnage a existé, c’est une femme qui a marqué l’histoire mais dont on ne se souvient pas. Elle a dû faire un travail de recherche important pour les décors, … mais aussi pour faire parler juste le personnage.

Quand on parle d’un personnage, qu’il soit imaginaire ou réel, on met toujours de soi, on entre dans la peau du personnage que l’on écrit.

Et vous, d’où viennent vos personnages ?

Comments are closed.