La querelle des livres – Olivier Larizza

La querelle des livres – Petit essai sur le livre à l’âge numérique d’Olivier Larizza

Depuis 2010, le livre imprimé, relié, vertical tend à se diluer dans le virtuel de nos écrans. Certains déplorent l’avènement de ce nouveau livre fantôme, d’autres y voient une avancée extraordinaire. Tous se demandent si le numérique ne tuera pas le totem mis sur pied par Gutenberg.
Dépassant les prophéties et les clivages qui enflamment les débats actuels, Olivier Larizza s’interroge sur ce qui fragilise ou au contraire consolide notre désir de livre tel qu’il se manifeste depuis plus de cinq siècles. En quoi sommes-nous si attachés à l’objet papier ? Que gagnerions-nous à l’abandonner ? L’e-book le remplacera-t-il ? Et avec quelles conséquences sur la lecture, la littérature, nos sociétés ?
« Le livre a ses raisons que la raison ne livre pas » : il sécrète des affects et des fantasmes particuliers. Il fallait donc cet essai original et plein d’acuité pour nourrir une réflexion essentielle.

Pour commencer, chose importante : cet essai se lit avec la fluidité d’un roman. Contrairement à beaucoup d’essais au style rébarbatif et trop technique qui sont souvent une torture à lire, Olivier Larizza utilise un style littéraire et humoristique,  accessible à tous. Ce n’est pas un essai totalement objectif, l’auteur est clairement du côté du papier, mais une véritable objectivité est-il possible quand il s’agit de livres ? Ci-dessous un résumé des différents chapitres.

Première partie : Un livre nommé désir

Chapitre 1 : C’est la lutte finale

Présentation de « l’utopie d’Internet » par qui tout le monde jure aujourd’hui, et de la « religion de l’arobase ». Simple effet de mode ou invention à la hauteur de l’imprimerie ?

Chapitre 2 : Groupons-nous et demain…

La lecture numérique favoriserait la déconcentration, et serait loin d’être aussi éco-logique ou -nomique qu’on veut nous le faire croire.

Chapitre 3 : L’Internet sauvera le genre livresque ?

La différence entre support et contenu, bien visible pour ce qui est de la musique ou des films, s’efface au sujet du livre, est-ce pour cela que les fabriquant de liseuses électroniques cherchent à tout prix à copier le livre papier (effet de pages qui se tournent par exemple) ? Par ailleurs qu’en est-il de la durée de vie des livres numériques à l’heure où les supports évoluent continuellement ? Un livre reste-t-il vraiment le même lorsque l’on en change la police d’écriture ? Le désir de gratuité ruinera-t-il les auteurs ? Toutes ces questions, et bien d’autres encore …

Chapitre 4 : Au-delà de la révolution numérique

De l’inutilité du livre qui en fait tout son charme. De ce rapport particulier a l’objet livre, que l’on aime posséder et prêter. « Un livre que l’on donne, c’est un petit morceau de son âme que l’on confie. Et la poésie du souvenir n’appartient qu’à lui. »

Deuxième partie : La guerre des books n’aura pas lieu

Chapitre 1 : Forces et faiblesses d’une liseuse emblématique

Une présentation du Kindle, plus orientée faiblesses que forces. (moi qui était tentée de m’en acheter un, bizarrement j’en ai beaucoup moins envie…)

Chapitre 2 : Le livre, un concept dépassé ?

Il y aura sûrement un jour, un support qui viendra remplacer le livre que nous connaissons, mais ce ne seront probablement par les readers actuels. Un nouveau concept reste à inventer …

Chapitre 3 : A la recherche du style perdu

Ecrit-on le même texte lorsque l’on vise une publication papier ou une publication numérique ?

Morceaux choisis :

La souris de l’ordinateur cohabiterait sans animosité avec le rat de bibliothèque. Selon Darnton en effet, qui dirige la prestigieuse bibliothèque de Harvard, […] de nouvelles inventions redonnent un coup de fouet au bon vieux bouquin, à l’instar de l’Espresso Book Machine dont s’équipent de plus en plus de librairies et de bibliothèques outre-Atlantique et qui permet d’imprimer un ouvrage à la demande, en trois minutes et pour moins de dix dollars. Le livre espresso sauvera-t-il le café littéraire ?

[Le livre] est un rivage où l’on accoste loin du bruit et de la fureur du monde, ses pages sont le hamac de notre civilisation ultra-pressée. En les numérisant nous les fragmenterions en des îlots furtifs.