Proposition d’écriture 29 : histoire à 3 voix

Si ce n’est pas encore fait, choisissez un texte que vous réutiliserez pour tous les exercices de transformation de texte : une fable, un poème, une micro-nouvelle, une chanson, … mais un texte court. Nous allons le réécrire en fonction d’une nouvelle consigne.

Cette fois-ci je ne vous propose pas de réécrire votre texte une fois, ni deux fois, mais trois fois avec trois points de vue différents. En ce qui concerne mon propre texte La Cigale et la Fourmi, il s’agit d’écrire un texte du point de vue de la Cigale, un autre du point de vue de la Fourmi, un autre du point de vue d’un observateur quelconque. A vous de définir dans votre propre texte les différents points de vue à traiter.

Mon texte

Première voix : La Cigale

Un courant d’air glacé s’engouffra sous mon lit de fortune et vint envelopper mon corps d’un halo froid et humide. Cette fois plus aucun doute, l’hiver arrivait à grands pas. Tout engourdie je mis timidement le nez dehors, et marchais en direction de mon emplacement habituel : au pied du grand chêne, cœur de vie des sous-bois.

Tout l’été j’avais animé le lieu de mes chants mélodieux, et les passants me remerciaient grassement. Mais ce jour-là, personne. Les chemins étaient déserts. Résignée je rentrais. Mon estomac réclamait sa pitance. N’ayant malheureusement fait aucune réserve, j’étais bien en peine de le sustenter. Une idée me vint : quémander un peu de nourriture à mes chers voisins. Tout de suite je pensai à la Fourmi, tout le monde sait à quel point elle est économe, à elle seule elle aura probablement fait des réserves pour dix, alors pourquoi pas un peu pour moi …

La voyant justement sortir de chez elle, je l’abordais tranquillement, et après quelques politesses et autres banalités d’usage, je détournais doucement la conversation vers le sujet qui m’intéressait. J’utilisais tous les stratagèmes possibles pour l’apitoyer sur mon sort, mais rien ne fit fléchir son cœur de pierre. Même pire, elle se moqua de moi. « Eh bien dansez maintenant » me dit-elle. Non mais franchement, peut-être voulait-elle aussi que je fasse le pitre !

Seconde voix : La Fourmi

« Quelques grains pour subsister jusqu’à la saison nouvelle ». Et puis quoi encore ? Peut-être veut-elle également que je lui prête ma maison pour la réchauffer cet hiver ! Et pour passer l’hiver, c’est un peu plus de quelques grains qu’elle m’aurait pris. je ne supporte pas les mendiants qui ne font rien de leurs journées et attendent que le pain leur tombe tout seul dans la bouche.

« Je chantais, ne vous déplaise » m’a-t-elle répondu. Evidemment que cela me déplaît. Si au moins elle chantait bien cette Cigale ! Mais non, tout l’été elle nous a cassé les oreilles, et si les passants lui faisaient l’aumône ce n’était que pour la faire taire plus vite. Elle ferait mieux de danser, cela nous ferait des vacances. Bizarrement je ne suis pas sure qu’elle ait apprécié cette suggestion …

Troisième voix : un passant

– Vite, rentre à l’intérieur et ne fais plus aucun bruit, comme si nous étions absents. La Cigale arrive. Je l’ai vue tout à l’heure avec la Fourmi. Comme chaque année elle n’a fait aucune réserve, et cette idiote a eu la bonne idée d’aller crier famine chez la Fourmi. Tout le monde sait très bien que cette dernière n’est pas prêteuse, moi-même je ne m’y serais pas aventuré. Alors rapidement le ton est monté, si tu avais entendu ce que la Fourmi lui a dit ! Toujours est-il qu’elle est bien partie pour faire le tour du quartier, je l’ai vu ensuite frapper chez la Termite, nous sommes les prochains alors cachons-nous. Certes, il m’est arrivé à plusieurs reprises de lui jeter quelques grains lorsque je l’entendais chanter. Mais l’hiver c’est autre chose, je ne suis jamais sûr d’avoir fait assez de réserves pour toute notre famille, alors pas question de gaspiller !

Et vous, cette transformation vous a-t-elle inspiré ?